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Séminaire - Des ghettos français : abus de langage, réalité ou terme écran ?

Séminaire - Des ghettos français : abus de langage, réalité ou terme écran ?

07/06/10

Ce séminaire s’inscrit dans le cycle de réflexion organisé par le Centre d’analyse stratégique relatif aux « nouveaux enjeux pour la politique du logement ».
En présence de Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Secrétaire d’État à la Prospective et au Développement de l’Économie numérique
Séminaire N° 2 :
Des ghettos français : abus de langage, réalité ou terme écran ?
Lundi 7 juin 2010 à 14h au Centre d’analyse stratégique - Salle Jean Monnet - 18 rue de Martignac- 75007 Paris

Ce séminaire est organisé par Marine Boisson (chef de département), Anne Lambert et Catherine Collombet (conseillères scientifiques), Département Questions sociales du Centre d’analyse stratégique.

Longtemps récusée comme une réalité étrangère à la société française, l’idée de « ghettos français » connaît une fortune nouvelle dans le débat public. Les travaux s’accordent pourtant à reconnaître que la seule concentration spatiale des difficultés socioéconomiques ne suffit pas à convertir des quartiers en « ghettos ».

Le concept de ghetto est plus complexe et ne saurait en tout cas se substituer aux notions de « quartiers populaires » ou « sensibles » : le ghetto suppose un double processus, d’une part de mise à l’écart alliant la ségrégation ethnique et la relégation spatiale, d’autre part d’affirmation d’une « contre-société ». Quelle terminologie faut-il privilégier en France au regard des évolutions récentes de ces territoires ? Quel bilan dresser de la politique de la ville et de la rénovation urbaine ?

Les quartiers « sensibles » sont aussi étroitement dépendants des évolutions sociales et structurelles qui affectent les autres territoires (ville centre, espaces périurbains). En ce sens, quels rôles jouent les différents groupes sociaux et faut-il parler de séparatisme ? Les débats sur la ségrégation spatiale ne doivent pas occulter le fait que la part la plus importante de la population réside dans des espaces peu polarisés socialement, dits « moyens-mélangés ». Peut-on en tirer des leçons pour redéfinir les contours d’une mixité sociale plus pragmatique ?

PROGRAMME

14.00 : Accueil des participants
14.30 : Ouverture du séminaire par Vincent Chriqui, Directeur général du Centre d’analyse stratégique : cliquer
14.40 : Introduction du séminaire par Nathalie Kociusko-Morizet, secrétaire d’État à la Prospective et au Développement de l’Économie numérique.

15.00 : TABLE RONDE n°1

« Des territoires sous « la loi du ghetto »

Présidée par Adil JAZOULI, responsable de la Mission Prospective et Stratégie, Secrétariat général du Comité interministériel des villes

Intervenants :

  • Didier LAPEYRONNIE, professeur de sociologie à Paris-Sorbonne

« Le ghetto, une nouvelle réalité sociale en France ? »
Les évolutions socio-économiques qu’ont connues les quartiers d’habitat social à partir des années 1980, la hausse continue du chômage et de la pauvreté, le renforcement de la ségrégation spatiale auraient entraîné la formation d’espaces clos et autonomes, aux marges de la société, c’est-à-dire des ghettos. Quelles en sont les principales caractéristiques ? Les publications récentes insistent sur la construction sociale et morale des ghettos, c’est-à-dire sur leur dynamique interne, en réponse à une logique de relégation.

  • Marwan MOHAMMED, sociologue, CNRS/Centre Maurice Halbwachs

« Des territoires de déviance ? »
Le débat public s’est focalisé sur la question de la délinquance juvénile dans les quartiers d’habitat social. Comment expliquer la hausse observée dans les statistiques administratives ? Renvoie-t-elle seulement à une nouvelle réalité qui menacerait le lien social dans ces quartiers ?

  • Béatrice GIBLIN, professeure des universités, université de Paris-VIII

« Banlieues françaises, ghettos américains : apport de l’analyse comparative »
L’importation d’un lexique nord-américain pour parler des quartiers d’habitat social français invite à la comparaison. Qu’en est-il aux États-Unis ? Quelles différences séparent les banlieues françaises des ghettos américains du point de vue culturel, ethnique, social et institutionnel ?

  • Pierre CARLI, président de l’AORIF - l’Union sociale pour l’habitat d’Île-de-France, président du directoire du groupe Logement français

« Un produit du fonctionnement du marché du logement ? »
La ségrégation socio-spatiale semble prendre des formes spectaculaires entre dégradation des quartiers d’habitat social et émergence de résidences sécurisées, mais également entre résidences du parc social, en fonction de leur localisation territoriale. Dans quelle mesure peut-on l’imputer à des stratégies d’évitement et de recherche d’entre soi des ménages ? Quel est le rôle du marché immobilier et des logiques économiques dans les logiques de répartition des ménages sur le territoire ?
 

17.15 - Table ronde n°2 :

« Repenser les enjeux de la mixité sociale »

Présidée par Julien DAMON, président de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, professeur associé à Sciences Po

Intervenants :

  • Philippe ESTÈBE, directeur d’études à ACADIE, professeur associé à Sciences Po

« Trente ans de politique de la ville : à quelle aune juger de ses réussites et de ses échecs ? »
Amorcée en 1977, la politique de la ville s’attache aux quartiers cumulant des difficultés d’ordre économique, social et culturel. La géographie prioritaire garde-t-elle aujourd’hui sa pertinence ? Selon quels critères juger de ses réussites et de ses échecs (leur vocation de quartier d’accueil, l’effectivité des moyens supplémentaires supposés par une politique préférentielle, etc.) ? Faut-il s’orienter vers des politiques qui traitent « des personnes » plutôt que "des lieux", sur le modèle américain ?

  • Thomas KIRSZBAUM, sociologue, chercheur associé à l’ISP (École normale supérieure de Cachan) et consultant

« Une mixité impérative ? Le développement communautaire et l’exception française »
Les quartiers dits « sensibles » sont stigmatisés et les politiques de rénovation urbaine s’efforcent de disperser leurs habitants, au nom de l’impératif de mixité sociale. Or, les quartiers pauvres disposent de ressources internes qui pourraient être confortées en s’inspirant des principes du « développement communautaire », à l’instar de ce qui se pratique dans d’autres pays confrontés à des enjeux similaires. Quel rôle pourraient alors jouer les élites locales de ces quartiers ?

  • Marco OBERTI, sociologue, professeur des universités, Sciences Po/CNRS

« Classes supérieures et professions intermédiaires dans l’espace urbain : entre séparatisme et mixité sous contrôle »
Les cadres et les classes moyennes s’inscrivent de façon contrastée dans l’espace urbain. Dans la métropole francilienne, les espaces « moyens-mélangés » restent prédominants et sont peu évoqués dans le débat public. Les évolutions et l’analyse des modes de cohabitation de ces quartiers apportent pourtant un éclairage intéressant sur la mixité et les enjeux scolaires.

  • Éric CHARMES, maître de conférence à l’Institut français d’urbanisme, université Paris-Est Marne-la-Vallée

« Pour une mixité sociale moins impérative et plus pragmatique »
La mixité sociale s’impose comme un impératif a priori pour les politiques publiques. Mais cet impératif est-il toujours souhaitable ou réaliste ? Les effets de la mixité sociale sur l’intégration ou sur la mobilité sociale ne sont pas toujours ceux attendus et d’autres moyens existent pour promouvoir l’égalité et la justice sociale.

18.30 : Débat avec la salle
19.00 : Conclusion par Hervé MASUREL, secrétaire général du Comité interministériel des Villes

CONTACT PRESSE :

Jean-Michel Roullé
Responsable de la Communication
Centre d’analyse stratégique
18 rue de Martignac, 75007 Paris
Tél. 01 42 75 61 37
jean-michel.roulle@strategie.gouv.fr

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