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Événements
Publié le
Mercredi 13 Juillet 2016
Mercredi 21 Septembre 2016
09h00 à 17h00
Cinquième séance du cycle de séminaires conduit en partenariat par la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), la Direction générale de la Cohésion sociale (DGCS), France Stratégie, le Laboratoire interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP Sciences-Po) et la Fondation Apprentis d’Auteuil.

Siège d'Apprentis d'Auteuil
Salle des Mécènes
40 rue de la Fontaine - 75016 - Paris

 

Un premier enjeu concerne l’investissement dans l’éducation.

Les performances globales de notre pays, mesurées notamment par PISA, placent la France à un rang médiocre (au 19e rang des pays de l’OCDE). L’effort d’investissement public à consentir pour égaler les pays les plus performants représenterait 1,4 point de PIB (France Stratégie). Mais ce n’est pas seulement le niveau de l’investissement éducatif dans notre pays qui est à interroger : la France détient le record des inégalités scolaires, avec un écart de performance entre les élèves les plus et les moins favorisés de l’ordre de 24 % contre 9 % en Allemagne (France Stratégie). Comment réduire les inégalités scolaires d’origine sociale et tenir la promesse républicaine d’égalité ?  Comment doter tous les jeunes des compétences nécessaires pour maintenir notre niveau de vie dans un contexte de compétition économique aiguisé ?

Un second enjeu est celui de l’insertion professionnelle et sociale des nouvelles générations.

Si environ les deux tiers de la jeune génération entre dans l’emploi après la fin de ses études et déclare être optimiste sur son devenir personnel, une majorité fait l’expérience du « précariat » avant d’accéder au contrat à durée indéterminée. Les jeunes les moins formés et/ou dépourvus de soutiens familiaux expérimentent une organisation sociale où l’accompagnement de la transition vers l’âge adulte repose d’abord sur les solidarités familiales. Eloignés de l’emploi, écartés des filets de protection sociale de droit commun (assurance chômage et RSA), orientés vers des dispositifs dédiés, en général contingentés et peu articulés entre eux. Le sort des jeunes les plus vulnérables ne cesse de se dégrader.

Les jeunes les plus vulnérables sont exposés à un processus de désaffiliation sociale, illustré par l’augmentation de la population des NEET (not in Education, Employment or Training) et la surreprésentation des sortants de l’aide sociale à l’enfance dans les jeunes marginalisés. L’inclusion des jeunes les plus fragiles reste donc un défi à relever.

Quelles sont les marges de manœuvre ?

L’effort budgétaire de la collectivité nationale en direction des jeunes adultes de 18 à 24 ans est estimé actuellement à 3 points de PIB (64 milliards d’euros, soit environ 11 600€/an par jeune). La dépense d’éducation mobilise la moitié du total (28,4 milliards), les prestations sociales et fiscales le tiers (allocations familiales, logement et quotient familial pour 18,5 milliards d’euros), la dépense d’insertion socioprofessionnelle un cinquième (14 milliards), l’assurance chômage un vingtième (3,4 milliards). L’amélioration de l’inclusion sociale et économique des jeunes supposerait la mobilisation de moyens budgétaires importants. Les projets visant à favoriser l’autonomie des jeunes majeurs pour qu’ils dépendent moins de leur famille et disposent de ressources suffisantes correspondent à des schémas d’aides de 5 à 10 milliards d’euros (0,23 à 0,46 point de PIB) de redéploiement ou d’augmentation des transferts publics (source : Haut conseil de la famille, 2016).

Cependant, investir dans la jeunesse ne relève pas seulement d'une question de moyens et d'allocation de ressources, mais soulève également un enjeu de conception de l'action publique et de changement de posture vis-à-vis des modes de faire  et de gouvernance, en butte au morcellement d’une multitude de mesures spécifiques en marge du droit commun. Or, une stratégie d’investissement social dans la jeunesse implique une approche plus transversale, non seulement corrective et réparatrice, mais aussi plus préventive, participative et inclusive, permettant d’anticiper les besoins sociaux et de promouvoir des démarches d’« empowerment » et de « capabilités » afin que les jeunes puissent s’autonomiser dans leurs parcours de vie.

Dans un contexte de finances publiques contraintes, cette orientation renvoie à une série d’arbitrages et ouvrent de nombreuses interrogations. 

La nation est-elle disposée à consentir un investissement supplémentaire en faveur de la jeunesse ?

Quelles sont  les conditions d’efficacité à réunir pour qu’un investissement accru se traduise effectivement par de meilleures performances sociales et économiques ? Peut-on améliorer l’efficacité et l’équité des dispositifs actuels à moyens constants ? L’effort doit-il porter sur tous les jeunes ou être ciblé sur ceux qui sont issus d’un milieu social défavorisé ou sont privés de soutien parental (dont les jeunes issus de la protection de l’enfance) ? Quelle organisation entre une politique en direction de toute la jeunesse (élévation des niveaux de qualification) et une politique ciblée sur les plus en difficulté (décrocheurs, NEET / jeunes sans emploi ni formation) ? Quel rôle respectif des acteurs publics (État, collectivités) et privés (entreprises, philanthropie) ? Enfin, les techniques alternatives de financement sont-elles crédibles et dimensionnées aux enjeux (fonds et programmes d’investissements, contrats à impact social etc.) ?


Programme prévisionnel

09h00 - Accueil café

09h30 - Ouverture par Nicolas TRUELLE, directeur général, Apprentis d'Auteuil

09h40  - Session introductive : La France investit-elle assez dans sa jeunesse ?

Modérateur : Bruno PALIER,  directeur de recherche, co-directeur du LIEPP de Sciences Po

Tom CHEVALIER, LIEPP Sciences-PO, L’État-providence et les jeunes adultes dans les pays de l’OCDE

Daniel AGACINSKI et Marine BOISSON-COHEN, France Stratégie, Investir dans la jeunesse : priorités, besoins et marges de manœuvre

10h50 - Pause-café

11h00 - Session 2 : Investir dans la jeunesse : Comment faire mieux ?

Modérateur : Jean-Marc BIEHLER, directeur régional Nord-Est Apprentis d’Auteuil 

Nicolas CHARLES, Université de Bordeaux, Les politiques dualistes de l'enseignement supérieur et leurs conséquences en termes de déclassement des jeunes

Cyprien TASSET, EHESS, Les jeunes diplômés en précarité, constats et propositions (sous réserve)

Pierrine ROBIN, Université de Créteil, Les jeunes sortant(s) de la protection de l’enfance

12h45 - Pause-déjeuner

Ouverture de l’après-midi : témoignage d’un Jeune d’Apprentis d’Auteuil

14h00 - Session 3 : Dispositif innovants : quels enseignements des expérimentations et des évaluations ?

Modérateur : Christophe FOUREL, DGCS

Valéry AUCHERE, Auteuil Formation Continue, Le projet Turbo              

Geneviève DOGBE, Espace Santé Jeunes de Nanterre et Joachim PERROUD, Association « Les 4 chemins », L’articulation santé/social dans l’amorce des parcours d’insertion des jeunes

Cécile VALLA, Apprentis d’Auteuil, La Touline

François SARFATI, CEE, la Garantie jeunes et son évaluation

Arthur HEIM, CNAF/France Stratégie, Ce que disent les évaluations des politiques à destination de la jeunesse : qu’est-ce qui marche ?

François SARFATI, CEE, La garantie jeunes et son évaluation

Arthur HEIM, CNAF/France Stratégie, Ce que disent les évaluations des politiques à destination de la jeunesse : what works ?

15h30 - Pause-café

15h45 - Table ronde : Investir dans la jeunesse : Quels leviers ?

Modératrice : Bénédicte JACQUEY-VAZQUEZ, directrice Enfance Famille Apprentis d'Auteuil

Marc GURGAND, directeur de recherche, PSE

Marylène VIALA-CLAUDE, directrice de projets, Caisse des dépôts et consignations

Thibaut de SAINT POL, directeur de l’INJEP

Antoine DULIN, vice-président, CESE

Alexandre LEROY, président de la FAGE

16h45-  Clôture par Yannick BLANC, préfet, Haut-Commissaire à l’Engagement civique

17h00 - Fin des débats

Vous souhaitez participer à ce séminaire, merci de vous inscrire par retour de mail à l'adresse suivante :
seminaire.jeunesse@apprentis-auteuil.org

L’inscription est gratuite sous réserve du nombre de places disponibles.