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Date de publication: 
Lundi 06 Février 2017
Jeudi 02 Mars 2017
10h00

Contact : alain.maurice@strategie.gouv.fr

Compte rendu

L’emploi est de plus en plus pensé à l’échelle régionale et locale, comme cela a été montré lors de la première séance du cycle « Emploi et territoires ». Ainsi, les acteurs politiques territoriaux, accompagnés de leurs administrations respectives, sont en première ligne pour favoriser l’emploi dans leurs territoires. Ces politiques en faveur de l’emploi supposent d’identifier les métiers, qualifications et compétences qui seront créés et attendus, et ceux qui seront supprimés dans un futur proche : c’est le travail de prospective, auquel cette troisième séance a été consacrée.

Comment prendre des décisions utiles et efficaces à l’échelle régionale ou locale en matière d’emploi ? S’il existe des tendances générales et des projections à l’échelle nationale et à l’échelle mondiale, les acteurs régionaux et locaux doivent penser ces dynamiques à leur échelle : quelle prospective dans leurs territoires ? Penser l’emploi à l’échelle régionale et locale est d’autant plus nécessaire que les territoires sont inégaux face à l’emploi, comme l’a montré une étude récente de France Stratégie : les grandes métropoles créent et concentrent plus d’emplois et plus de métiers d’avenir que les plus petites aires urbaines.

Mais comment penser ces politiques à l’échelle régionale ou locale ? Comment déterminer les métiers et qualifications qui seront nécessaires et ainsi créateurs d’emplois à cette échelle, et ceux qui sont menacés ou en voie de disparition, dans l’économie en générale et dans un territoire donné en particulier ? La deuxième séance du club de prospective territoriale a réuni des acteurs territoriaux décisionnaires en matière d’emploi et de formation pour échanger sur les outils utilisés pour faire de la prospective des métiers et des qualifications.

Pour cela, les intervenants se sont appuyés sur des documents méthodologiques et des études issues notamment du rapport France Stratégie/Dares sur « Les métiers en 2022 ».

Ces études nationales peuvent être déclinées au niveau des régions pour produire des estimations sur l’emploi, et répondre ainsi à deux questions essentielles : quels sont les métiers et qualifications, créateurs nets d’emploi d’un côté, « fragiles » de l’autre, dans leurs territoires respectifs d’ici 2022 ? Combien de départs en fin de carrière sont à prévoir, par secteurs et métiers, d’ici 2022 ? L’Île-de-France s’est appuyée sur l’exercice national PMQ pour son exercice de prospective régionale, soulignant à cet égard les difficultés méthodologiques du passage national/régional.

La réponse à la première question est une brique pour élaborer des politiques – en particulier de formation –, qui correspondent à la réalité de l’emploi dans les territoires : former les jeunes aux métiers et qualifications d’aujourd’hui et de demain est une priorité à tous les niveaux. La réponse à la deuxième question permet d’évaluer les besoins de remplacement des actifs sur le marché du travail.

Ainsi, en croisant ces deux estimations, il ressort une réalité insuffisamment connue : certains métiers seront plus créateurs d’emploi que d’autres (dans le numérique par exemple), mais en raison du nombre important de départs à la retraite dans d’autres métiers (aides à domiciles ou aides-soignants par exemple), ce ne sont pas les métiers en croissance qui auront le plus de postes à pourvoir dans les prochaines années. Autrement dit, les politiques de l’emploi, tant à l’échelle européenne et nationale qu’à l’échelle locale, ne doivent pas exclusivement se focaliser sur les métiers liés au numérique et aux nouvelles technologies ; fortement créateurs d’emploi, ces métiers ne seront pas pour autant les plus pourvoyeurs d’emploi demain.

Le guide de prospective régionale élaboré par France Stratégie et le Céreq en 2014 présenté lors de cette séance insiste sur le fait que plus on descend à un niveau territorial fin, plus les informations qualitatives sont importantes pour repérer les signaux faibles et forts d’évolution des emplois. Avec leurs limites, ces exercices de prospective régionale sont un outil de dialogue entre les acteurs, pouvant notamment alimenter le quadripartisme en région et l’élaboration des schémas territoriaux.

Ce club et ce cycle de rencontres font finalement écho à la mission de France Stratégie : animer le débat à l’échelle nationale entre les différents acteurs de la société, à toutes les échelles, en ancrant sa réflexion à moyen terme, ici à dix ans, à l’appui des projections des métiers et qualifications en 2022. La politique de formation doit être adaptée à ce travail de prospective : ce passage des projections sur les évolutions de l’emploi à la détermination des formations nécessaires et des politiques adéquates dans les territoires sera l’objet de la troisième séance du cycle « Emploi et territoires ». Rendez-vous le 30 mars !

 

Edward Chekly

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