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Document de travail
Publié le
Jeudi 21 Décembre 2017
La France passe volontiers pour la championne toutes catégories en matière d’emploi public. Qu’en est-il réellement ? Notre pays fait-il vraiment figure d’exception parmi les pays développés, avec un secteur public particulièrement volumineux, voire pléthorique ? En d’autres termes, la France est-elle « sur-administrée » ? Souvent à l’ordre du jour, la question revient avec plus d’acuité en période de contraintes sur les finances publiques.
Comment la France se compare-t-elle en matière d'emploi public ?

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En mobilisant les données de l’OCDE et d’Eurostat, le Tableau de bord de l’emploi public réalisé par France Stratégie[1] se propose de comparer les niveaux d’administration des pays développés[2]. Si on regarde les effectifs, la France se situe de fait parmi les pays où la proportion de l’emploi public dans la population comme dans l’emploi total est élevée. Mais sans excès : son taux d’administration de 90 emplois publics pour 1 000 habitants la place dans la moyenne haute, devant le Royaume-Uni et les États-Unis, mais bien en deçà des pays scandinaves.

Le seul critère du taux d’administration est toutefois insuffisant, voire trompeur. Il convient d’examiner la question non par le seul versant des effectifs mais aussi par le volume des dépenses publiques. En matière de prestations monétaires, la France est sans conteste parmi les pays qui dépensent le plus en proportion de son PIB, résultat d’un choix politique en faveur d’une forte socialisation des risques. En revanche, pour les dépenses de fonctionnement, une fois prises en compte non seulement les dépenses directes de personnel, mais aussi les dépenses de consommation intermédiaires et les transferts en nature (achats de biens et services marchands pour le compte de la population, ou bien au titre de frais de fonctionnement de l’administration), on constate que l’écart avec nos voisins se resserre. De fait, comparée à certains pays, la France a moins recours à l’externalisation.

Outre qu’il réfute certaines idées fausses, le Tableau de bord de l’emploi public a pour ambition de fournir des éléments de réponse sur les leviers d’action que doivent privilégier les pouvoirs publics s’ils souhaitent réduire la part des dépenses publiques dans le PIB. Faut-il agir en priorité sur les dépenses de personnel ou sur le niveau de prestations sociales ? Comment font les autres pays pour accroître l’efficience de leur secteur public ? Malgré toutes les difficultés d’ordre méthodologique — les modes de gestion et les périmètres variant d’un pays à l’autre — cette comparaison internationale, parce qu’elle a valeur de pédagogie, aide à éclairer certaines pistes de réforme.


[1] Il s’agit d’une mise à jour du Tableau de bord de l’emploi public publié en 2010 par le Centre d’analyse stratégique. Cette note en présente la synthèse. Le document complet est réalisé par Flore Deschard et Marie-Françoise Le Guilly.
[2] L’analyse est conduite sur 19 pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède.

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Les opinions exprimées dans cette note engagent leurs auteurs
et n'ont pas vocation à refléter la position du gouvernement.

Auteurs

Flore Deschard
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