Publié le mardi 17 décembre 2013
Pour une politique du stationnement au service des usagers
Pour une politique du stationnement au service des usagers
Le présent rapport est le fruit des travaux menés par un groupe de travail constitué au Commissariat général à la stratégie et à la prospective. Il analyse les finalités, les principes et l’organisation possible d’une nouvelle politique du stationnement, et formule en conclusion six recommandations relatives à sa mise en œuvre.

La régulation du stationnement est un levier essentiel des politiques d’aménagement de l’espace public urbain. Les choix en la matière peuvent ainsi refléter des conceptions radicalement différentes de l’organisation de la mobilité à l’échelle d’une agglomération. Est-il préférable de créer de grands parkings publics ou privés en centre-ville ou, à l’inverse, de multiplier les parcs relais en périphérie assurant des correspondances avec les transports collectifs ? La première option a pour vocation de faciliter l’accès automobile en zone urbaine dense, la seconde privilégie les déplacements à pied et en transports en commun. On mesure à travers cet exemple combien les liens entre urbanisme et stationnement peuvent influer sur le bien-être et le vivre ensemble en ville.

Aujourd’hui, ce sont les collectivités territoriales des grandes agglomérations françaises qui organisent le stationnement au sein de leur circonscription, en s’efforçant de tenir les deux bouts de la chaîne. D’une part, elles s’attachent à développer les moyens de transports alternatifs à la voiture individuelle – systèmes d’autopartage et vélos en libre-service, notamment – de manière à optimiser l’utilisation de l’espace public. D’autre part, elles s’emploient à faciliter les activités de logistique urbaine, à savoir les services de livraison et les déplacements professionnels, afin de soutenir le développement économique de leur agglomération.

La définition d’une politique du stationnement coordonnée renforcerait ces actions et répondrait ainsi aux ambitions des collectivités territoriales. Elle aurait pour but de rétablir une triple cohérence : cohérence entre les objectifs d’urbanisme et les objectifs de déplacement, cohérence spatiale entre les communes d’une même agglomération, cohérence enfin entre stationnement public et privé. Placée sous l’autorité des élus locaux, cette politique du stationnement ne manquerait pas de champs d’actions concrètes : déterminer les besoins publics et privés adaptés à chaque quartier, étudier les dispositifs techniques réglementaires et tarifaires appropriés, organiser un système d’observation et de suivi, aménager et entretenir les installations techniques, contrôler le stationnement public sur voirie et hors voirie, informer les usagers…

En prenant en compte tous les usages de l’espace par les véhicules, une telle politique permettrait d’articuler l’organisation des déplacements et le partage de l’espace public urbain. Elle contribuerait ainsi aux objectifs des politiques de déplacements urbains, dans leurs dimensions économiques (efficacité des échanges), sociales (qualité de l’espace urbain) et environnementales (qualité de l’air). Le rapport propose de confier la définition de cette politique du stationnement aux autorités organisatrices d’aménagement et de mobilité, ainsi qu’à la commune pour les aspects relatifs à la voirie. La réussite de cette politique dépendrait également des moyens techniques et juridiques déployés pour assurer le suivi permanent de l’utilisation de l’espace urbain par les véhicules et pour contrôler le respect des règles locales.

Le sujet mérite donc une analyse particulière destinée aux autorités chargées de la législation et de la réglementation, mais aussi aux collectivités qui portent ces politiques sur leur territoire.

  • Rapport du groupe de travail présidé par Olivier Paul-Dubois-Taine