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Colloques


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26-28 janvier 2006 - « AVENIR DE L'EUROPE - SOUND OF EUROPE » Plus de 300 personnalités politiques, académiques et artistiques sont venues à Salzbourg débattre de la crise que traverse l'Europe. Les débats se sont répartis en trois thèmes : craintes et critiques ; solutions concrètes ; rôle de l'art et de la culture en Europe. Ils ont conclu au fait que pour rallier l'opinion publique, l'Union européenne doit mieux défendre les atouts européens et donner des réponses concrètes aux attentes des citoyens (arrêter de prendre l'Union européenne comme bouc émissaire, replacer la culture et non l'économie au centre de l'identité européenne, accentuer la promotion des valeurs européennes, et porter une attention plus soutenue à la résolution des problèmes quotidiens des citoyens). Deux axes politiques sont ressortis de ces discussions : une « Europe de projets » et une « Europe de solidarités ».

6 février 2006 - « LE FUTUR DE LA PESD » Ce séminaire, organisé à Paris par l'Institut d'études de sécurité de l'Union européenne (EUISS), a étudié différentes voies pour réviser la stratégie globale et perfectionner les outils militaires et civils de l'Union européenne. La directrice de l'Institut, Nicole Gnesotto, a souligné que « la diplomatie deviendra fondamentale » pour gérer des crises comme celle de l'Iran. Stefano Silvestri, président de l'Istituto Affari Internazionali (IAI) de Rome, a affirmé que cette évolution sous-entend des avancées institutionnelles. D'une part, « l'absence d'un ministre des Affaires étrangères puissant (...) entraînerait inévitablement un ralentissement du développement de la PESD » ; d'autre part, l'Union européenne doit parvenir à résorber les résistances et inefficiences internes dans l'utilisation des outils dont elle dispose, en raison de doublons fonctionnels (risque de rivalité).

9-10 février 2006 - « EMPLOI, TRAVAIL ET POLITIQUE EUROPÉENNE DES CAPACITÉS. DIALOGUE SOCIAL, SÉCURITÉ PROFESSIONNELLE ET TERRITOIRES » La réforme du marché du travail était au centre des débats de la conférence internationale de restitution des résultats du programme de recherche EUROCAP, organisée à Nantes. Financé par la Commission européenne et mené de 2002 à 2005 par une équipe interdisciplinaire de chercheurs en sciences sociales coordonnée par Robert Salais (IDHE-ENS Cachan), le programme EUROCAP a permis une évaluation critique de la stratégie européenne pour l'emploi au prisme du concept de capacités (capabilities). L'approche par les capacités d'Amartya Sen (prix Nobel d'économie 1998) propose en effet de nombreux points d'appui pour imaginer ce que pourrait être une nouvelle étape de la politique européenne de l'emploi, offrant un cadre de sécurité active pour faire face aux transformations du travail et à l'incertitude économique. Les travaux d'EUROCAP suggèrent que les objectifs de Lisbonne seront plus sûrement atteints par une approche préventive et collective de la gestion des « capacités », permettant un accès effectif des salariés à des droits et des biens communs fondamentaux, que par des approches axées sur la valorisation des compétences individuelles sur le marché du travail. Ils proposent également de réviser les outils de connaissance des politiques de l'emploi en privilégiant des indicateurs de qualité de l'emploi.

23 février 2006 - « REVITALISER L'EUROPE » Lors de la conférence annuelle 2006 du CEPS, à Bruxelles, trois axes ont été choisis pour les travaux :

  • comment relancer l'économie européenne ? Après tous les discours politiques sur la Stratégie de Lisbonne, l'objectif a été d'indiquer des voies de positionnement claires (et concrètes) pour l'Union européenne, en termes de réformes économiques et de restauration de la compétitivité ;
  • vers une redéfinition d'envergure des financements communautaires, via une réallocation des moyens privilégiant la croissance ? Quelles sont les politiques qui méritent un renforcement de leurs moyens ? Comment améliorer le processus budgétaire pour l'adapter aux besoins nouveaux ?
  • de la politique de voisinage à l'intégration : existe-t-il des alternatives concrètes à l'élargissement ? Le traité à portée constitutionnelle étant dans les limbes, plusieurs pays, dans la proximité directe de l'Union européenne, ont déjà abandonné l'espoir de devenir un jour membre de l'Union. Même s'ils restent des « outsiders », l'Union européenne doit continuer à se comporter avec eux comme un pôle central diffusant esprit démocratique et impulsion pour les réformes économiques.

6 mars 2006 - « LE PROCESSUS DE LISBONNE ENGENDRE-T-IL UN DÉVELOPPEMENT DURABLE ? » Un séminaire a été organisé sur ce thème à Bruxelles par la Confédération européenne des syndicats (CES), le Bureau européen de l'environnement (BEE) et la Plate-forme des ONG sociales européennes (Plate-forme sociale). Le processus de Lisbonne a certes pour principal objectif de donner un coup de fouet à l'économie européenne, mais les dimensions sociale et environnementale originelles ont peu à peu été marginalisées. Certains principes des programmes nationaux de réforme ont été examinés : si le caractère positif d'ETAP (Environmental Technologies Action Plan) et de la nouvelle politique commune de l'énergie a été reconnu, les performances ont été jugées insuffisantes dans leur application nationale. Par ailleurs, les domaines de la jeunesse, de la formation et des transports ne sont pas assez traités dans une optique de développement durable. Le séminaire a conclu à la participation accrue des parlements et de la société civile pour garantir les réorientations nécessaires.

16-17 mars 2006 - « L'ACTION PUBLIQUE AU RISQUE DU CLIENT ? CLIENT-CENTRISME ET CITOYENNETÉ » Le 15ème colloque international de la revue Politique et Management public, qui s'est tenu à l'Institut d'études politiques de Lille, a rassemblé 150 personnes provenant des milieux administratif et académique. Il a été l'occasion de collecter un grand nombre de contributions sur les relations entre les administrations et les usagers, en particulier sur l'analyse de ce qu'on a pu appeler la montée d'une forme de consumérisme des services publics. Cette transformation du contenu des politiques publiques et des méthodes du management public suscite la crainte d'une forme de privatisation des prestations fournies par l'État et d'une aggravation de la coupure entre le citoyen et l'offre politique, telles qu'elles peuvent s'observer au travers de la multiplication et de la généralisation d'instruments de mesure de la satisfaction des usagers (enquête, sondages...), ou encore de la démultiplication des actions de communication de l'administration à leur égard (chartes d'engagement, centres d'appel). De leur côté, les évolutions du comportement, des attentes et des exigences des individus interrogent les différentes réformes de l'État et, au delà, la nature des biens publics produits.

22 mars 2006 - « BULGARIE, TERRE D'EUROPE » Lors de cette conférence de la Fondation Robert Schuman, l'ancien Premier ministre Simeon de Saxe-Cobourg-Gotha a réaffirmé sa confiance dans une « réunification » (et non un « élargissement ») de l'Europe par l'entrée de la Bulgarie dans l'Union européenne, prévue au 1er janvier 2007. Les Bulgares se réclament du libéralisme et la lutte contre la corruption est une priorité nationale : l'orateur a souligné qu'il n'y a pas de risque d'exportation du phénomène et que la Bulgarie est au contraire une force stabilisatrice dans le « sud-est de l'Europe » (terme préféré aux Balkans). Elle n'a pas connu de guerre religieuse et a su à la fois assurer une cohabitation ethnique et créer des liens avec ses grands voisins (Turquie et Russie). Elle est, de plus, consciente d'être un « État frontière » aux confins d'un ensemble, avec des responsabilités particulières. En filigrane de ce discours engagé, la question des frontières externes revient sur le devant de la scène communautaire.

29 mars 2006 - « LES POLITIQUES EUROPÉENNES D'APPUI À LA R&D ET À L'INNOVATION » Ce colloque était organisé par le Conseil national des économies régionales (CNER). Après la mise en perspective des programmes européens pour la recherche, le développement technologique et l'innovation, l'insertion des régions dans la dynamique de Lisbonne a été abordée. De grands instruments communautaires participent au financement de l'innovation et à la compétitivité des territoires : 7ème Programme-cadre pour la recherche et le développement technologique (PCRDT), Programme-cadre pour l'innovation et la compétitivité (PIC), Fonds européen de développement régional (FEDER). Dans ces domaines, les efforts communautaires sont en hausse : le budget du 7ème PCRDT augmentera de 75 % entre 2006 (5,3 milliards d'euros) et 2013 (9,3 milliards d'euros). Dans un contexte budgétaire contraint au plan national, les instruments communautaires apparaissent comme un soutien incitatif indispensable à la compétitivité des régions et de leurs entreprises, à leur insertion dans la Stratégie de Lisbonne et à l'incitation en faveur de « l'innovation collaborative ».

27-29 avril 2006 - « UNE EUROPE DES ÉLITES » Ce premier colloque de la Section d'Études européennes de l'Association française de science politique, qui s'est tenu à Bordeaux, a permis de se pencher sur les attitudes et représentations pouvant expliquer le manque de soutien à la construction européenne. Dans leur communication, Bruno Cautres et Gérard Grunberg, s'appuyant pour partie sur les enquêtes Eurobaromètre, considèrent que l'âge de fin d'études (niveau d'éducation), est une variable clé, avant celles se rapportant au niveau d'isolement, de marginalité sociale, et à l'absence d'activité professionnelle. Elle jouerait dans les 25 États membres, à l'exception de l'Irlande, de la Lituanie, du Luxembourg, de l'Espagne, de la Belgique et de la Grèce, où le soutien est élevé dans toutes les catégories. Christian Lequesne s'intéresse, lui, à l'attitude des élites politiques françaises face à l'élargissement. Il s'interroge sur leur utilisation de la rhétorique de « gardien du temple » du projet politique européen et leur indéfectible attachement à la réforme institutionnelle. De même, il questionne l'inacceptation de l'élargissement comme outil de la politique étrangère, la croyance selon laquelle élargissement et projet politique sont incompatibles, la (trop) rare prise en compte de l'enjeu géopolitique global.

15 mai 2006 - « VERS UNE EUROPE DE LA JUSTICE » Lors d'une conférence-débat organisée à Paris par Europartenaires, Robert Badinter, ancien membre de la Convention pour l'Avenir de l'Europe, a estimé que le traité portant Constitution est mort, et qu'il ne pourra revoir le jour sous la même forme. Sans attendre une Union à 27, un approfondissement des coopérations judiciaires renforcées reste cependant possible, en vue de l'affirmation d'un espace judicaire européen reposant sur la confiance en des juges compétents et intègres. Quatre axes sont envisagés : reconnaissance mutuelle des décisions de justice ; mise en place d'un parquet européen après transformation d'Eurojust ; harmonisation des règles de procédure ; formation commune auprès d'un institut supérieur européen. Un tel schéma constituerait une force d'attraction vis-à-vis des autres États membres, mais il pourrait buter sur un obstacle politique : la conviction que la coopération renforcée entrave toute avancée réellement commune. Faisant preuve du même volontarisme, l'Institut Thomas More de Bruxelles (La Tribune, 20 avril 2006) aborde ce dossier par la nécessité d'une meilleure association des citoyens à la surveillance des institutions et d'un véritable contrôle constitutionnel.

16-18 mai 2006 - « EMPLOYMENT WEEK » Cette 13ème édition, qui s'est déroulée à Bruxelles, avait pour thème « Travailler ensemble pour la croissance et l'emploi ». Elle a permis de mettre en lumière l'absence de consensus sur les solutions à apporter aux enjeux tels que le type d'emplois à créer, l'adaptabilité des travailleurs et des entreprises, le développement des compétences. La « flexicurité » à la danoise a beaucoup été évoquée, non pas pour la reproduire mais pour s'en inspirer. Selon une majorité d'intervenants, la question essentielle concernerait la mise en œuvre de partenariats, notamment au niveau des Plans nationaux de réforme (PNR).

6 juin 2006 - « ENTREPRISES ET JEUNES DIPLÔMÉS » Lors de ce colloque organisé au Sénat à l'initiative de la Commission des Affaires économiques, les interventions et débats ont témoigné de la complexité et de l'hétérogénéité de l'insertion professionnelle en entreprise dans une société vieillissante. Alors que les études initiales sont en moyenne plus longues pour les jeunes d'aujourd'hui, l'accès à une situation stable est plus tardif et financièrement moins favorable qu'il ne l'était pour leurs aînés. Le diplôme, auquel on attache encore beaucoup d'importance en France, a tendance à devenir moins pertinent pour des entreprises à la recherche de savoir-faire et de « savoir-être ». Les dirigeants ont exprimé le souhait, entre autres, d'une formation initiale moins longue et mieux couplée à la formation continue. Ce dernier point est d'ailleurs étudié dans le cadre du débat national Université-Emploi dont le rapport d'étape, prévu pour la mi-juin, devrait traiter de la professionnalisation dans les cursus généralistes.

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