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Comment enseigner l’Europe ? L’expérience du Manuel d’histoire franco-allemand

Étienne François


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Étienne François est professeur émérite à l’université Paris-I – Panthéon-Sorbonne et professeur d’histoire à l’université libre de Berlin, où il dirige le Frankreich-Zentrum. Spécialiste d’histoire allemande et d’histoire européenne comparée, il a récemment publié, avec Hagen Schulze, Mémoires allemandes (Paris, Gallimard, 2007) et, avec Jörg Seifarth et Bernhard Struck, Die Grenze als Raum, Erfahrung und Konstruktion. Deutschland, Frankreich und Polen vom 17. bis zum 20. Jahrhundert (Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2007). Il est membre du comité de pilotage du manuel franco-allemand d’histoire.


Résumé
Cet article retrace les origines et la genèse d’un manuel d’histoire d’un type nouveau : le Manuel d'histoire franco-allemand décidé en janvier 2003 et dont le premier tome a paru en 2007. Conforme aux programmes des deux pays, réalisé par une équipe franco-allemande avec l’aide d’un comité de pilotage binational et le soutien des autorités politiques et éducatives des deux pays, ce manuel prend en compte à égalité l’histoire du pays voisin, met en commun des héritages historiques et pédagogiques différents, propose sur l’histoire de l’Europe et du monde un regard commun et se veut par là-même contribution à l’émergence d’un nouveau mode de rapport au passé et à l’avenir.


Mots-clés
France – Allemagne – histoire – enseignement – Europe
France – Germany – history – education - Europe


couverture du Manuel d'histoireÀ l’occasion de la rentrée scolaire de l’automne 2006, une nouvelle étape dans l’histoire des relations franco-allemandes et plus généralement de la construction européenne a été franchie : pour la première fois, en effet, les lycéens de terminale en France et de 12e/13e classes en Allemagne, ainsi que leurs professeurs d’histoire, ont eu la possibilité d’utiliser, en complément voire en remplacement des manuels habituels, un manuel d’histoire totalement nouveau : un manuel franco-allemand d’histoire. Disponible soit en français, soit en allemand, ce manuel au contenu rigoureusement identique prépare aussi bien au baccalauréat français qu’à son équivalent allemand, l’Abitur. Publié en commun par les maisons d’édition Nathan en France et Klett en Allemagne, dirigé conjointement par deux historiens spécialisés dans la confection de manuels scolaires, Guillaume Le Quintrec et Peter Geiss, et rédigé par une équipe de professeurs du secondaire français et allemands, ce livre a pour titre Histoire/Geschichte : l’Europe et le monde depuis 1945/ Die Welt und Europa seit 1945.

À un double titre, il constitue une nouveauté absolue. Il l’est d’abord dans la mesure où c’est la première fois, tant en Europe qu’hors d’Europe, qu’est proposé aux lycéens de deux pays différents un manuel ayant le même contenu tout en correspondant aux programmes en vigueur dans un pays comme dans l’autre. Il l’est ensuite dans la mesure où, loin d’être le résultat d’une initiative se situant en marge des institutions pédagogiques des deux pays, ce manuel est au contraire l’aboutissement d’une entreprise décidée en commun par les autorités françaises et allemandes. La genèse de cet ouvrage met en lumière les enjeux et les forces à l’œuvre dans un projet soutenant par nature l’entente européenne.


Une organisation marquée par la coopération franco-allemande

À l’heure de l’entrée en guerre des États-Unis en Irak et du commun refus d’intervention militaire de la France et de l’Allemagne, des jeunes français et allemands étaient réunis à Berlin pour débattre des relations franco-allemandes et avancer des propositions pour leur actualisation. La proposition faite alors de réaliser « un manuel d’histoire franco-allemand au contenu identique pour les deux pays afin d’approfondir la compréhension mutuelle » a été aussitôt accueillie favorablement par les deux gouvernements et particulièrement appuyée par le président Chirac et le chancelier Schröder. Issu d’une initiative de la société civile, ce projet lancé à l’occasion du quarantième anniversaire du traité d’amitié franco-allemand (traité dit « de l’Elysée ») en janvier 2003 a donc bénéficié d’un soutien politique qui lui a permis de dépasser le stade du vœu pieux pour devenir une réalité. En effet, si les origines de la coopération entre historiens français et allemands soucieux de travailler au rapprochement des deux pays remontent à la première moitié du XXe siècle1, le manuel franco-allemand a bénéficié pour la première fois d’un soutien gouvernemental et administratif2 fort de la part des deux pays, ainsi que de l’engagement d’équipes comportant systématiquement des représentants allemands et français.
 
De tous les projets antérieurs ayant tenté d’élaborer des manuels franco-allemands d’histoire, celui tracé en 1951 par l’historien allemand Georg Eckert (futur directeur de l’Institut international de recherches sur les manuels scolaires de Brunswick qui porte aujourd’hui son nom) et Édouard Bruley, président de l’Association française des professeurs d’histoire et de géographie, est celui qui a permis – même s’il n’a pas abouti à la réalisation d’un manuel commun – de dresser une liste de recommandations visant à améliorer l’enseignement de l’histoire du pays voisin qui ont en quelque sorte déblayé le terrain. Elles ont fait par ailleurs émerger l’idée de faire coéditer une histoire des relations franco-allemandes par deux éditeurs partenaires pour mieux croiser les regards et d’en confier la rédaction à des tandems binationaux – principe actuellement mis en œuvre par l’Institut historique allemand de Paris et l’EHESS qui ont engagé la publication d’une Histoire franco-allemande devant compter à terme onze volumes allant du IXe siècle à nos jours.

Les initiateurs du projet ont donc ancré l’organisation du travail dans un caractère systématiquement binational, tant au niveau de la conception des contenus du manuel que des équipes de rédaction et de production. La première étape du travail a été l’élaboration par le comité de pilotage d’une maquette qui réponde à un double objectif : être d’un côté conforme aux programmes officiels des deux pays, apporter par ailleurs une « valeur ajoutée » intellectuelle et pédagogique résultant aussi bien d’une meilleure connaissance du passé du pays voisin, que d’un regard croisé porté sur l’histoire et de la mise en commun de pratiques pédagogiques différentes de part et d’autre du Rhin. Cela passerait par la rédaction en tandems franco-allemands, par la mise en avant prioritaire de l’histoire européenne, par l’organisation de chaque chapitre et sous-chapitre selon une même structure rédactionnelle et visuelle, et par une priorité accordée aux sources et autres documents favorisant le travail personnel des élèves. L’objectif était de jouer du caractère binational et bifocal pour mettre en valeur le comparatisme et les transferts, les spécificités de perception, d’interprétation et d’appropriation ainsi que les différences de terminologie3 – contribuant ainsi à la connaissance et la compréhension du pays voisin par son histoire. Une fois cette maquette et cette perspective validées par les autorités des deux pays lors d’un Conseil des ministres franco-allemand tenu à Paris le 13 mai 2004, la réalisation du manuel a été confiée, après appel à candidature, à un tandem éditorial franco-allemand : les maisons d’édition Nathan et Klett. Pour veiller à la bonne marche de l’entreprise, un comité de pilotage rassemblant près de vingt personnes a été mis en place en janvier 2004 ; il réunit des historiens des deux pays connaissant l’histoire et l’enseignement du pays voisin, des représentants des institutions éducatives et des représentants des ministères des Affaires étrangères. Compte tenu de la conformité chronologique avec les programmes en vigueur en France et en Allemagne, de l’attente et de la curiosité du public scolaire et enseignant, mais aussi du grand public, il a été convenu de réaliser en premier le volume destiné à la classe de terminale, volume consacré à la période postérieure à 1945. Les volumes destinés aux classes de première (de 1815 à 1945) et de seconde (de l’Antiquité à 1815) paraîtront respectivement en 2008 et 2009.


La « valeur ajoutée » d’un regard transnational

Porté par une volonté politique forte et conforme aux programmes des deux pays (d’où l’habilitation qui, conformément aux pratiques allemandes, lui a été conférée simultanément par les ministères de l’Éducation des seize Länder), ce manuel est cependant tout le contraire d’un « manuel officiel ». Rédigé en toute indépendance par des auteurs eux-mêmes spécialisés dans la confection de manuels, il vient simplement enrichir l’offre existante. Son usage dans les lycées français et allemands dépend exclusivement du choix des enseignants et les premières observations montrent que dans la plupart des cas, il est utilisé conjointement avec des manuels classiques et sert avant tout à enrichir l’enseignement proposé aux élèves. Ce manuel n’est pas davantage un manuel d’histoire franco-allemande, mais au contraire un manuel franco-allemand d’histoire. Son objet premier, si l’on s’en réfère au manuel de terminale, est, comme son titre l’indique, de proposer une histoire de l’Europe et du monde après 1945.

Dans ce cadre, il poursuit un triple objectif : proposer aux élèves et aux enseignants, en conformité avec le partenariat qui caractérise les relations entre les deux pays, une présentation de l’histoire du pays partenaire depuis 1945 qui soit de même qualité et de même importance que celle du pays originaire ; mettre à la disposition des élèves et de leurs professeurs, en plus de l’offre documentaire habituelle, de nombreux textes, documents, cartes et autres matériaux pédagogiques provenant du pays partenaire ; privilégier une approche croisée mettant l’accent aussi bien sur la comparaison (dans le cadre de l’histoire européenne et mondiale) que sur les transferts et les interactions, avec une large place faite à l’étude des perceptions, des interprétations et des appropriations. Les origines du comparatisme, qui tient une large part dans la conception du manuel franco-allemand comme dans sa pratique pédagogique, remontent d’ailleurs à Marc Bloch, historien franco-allemand s’il en fut, et à sa célèbre contribution sur l’histoire comparée au Congrès international des sciences historiques d’Oslo de 19274. L’approche des « transferts culturels » comme celle de « l’histoire croisée » qui en sont à la fois le complément et le dépassement, se sont développées elles aussi sur une base tout d’abord franco-allemande5. Dans l’enseignement secondaire, les lycées franco-allemands, la filière AbiBac comme les classes européennes ont posé les bases d’un enseignement de l’histoire faisant une large place à l’histoire et à la culture du pays voisin6. On ne saurait enfin assez pointer le rôle dans la connaissance de l’histoire du pays voisin et dans la formation d’historiens qui soient aussi familiers d’un pays que de l’autre (dans leur histoire comme dans leur culture scientifique et leur pratique pédagogique) de l’Institut historique allemand de Paris, de la Mission française historique en Allemagne de Göttingen et du Centre Marc Bloch de Berlin, institutions faisant donc logiquement partie du comité de pilotage du manuel.
 
Cette approche croisée est notamment perceptible dans le second chapitre du manuel de terminale consacré aux mémoires de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah : après avoir présenté les tendances générales de l’évolution de ces mémoires (du « culte de la victoire » au « devoir de mémoire »), ce chapitre s’attache de plus près à la mémoire de la Shoah dans le monde et à ses lieux, puis compare les débats autour du « passé qui ne passe pas » en France et en Allemagne. De la même manière, dans le manuel destiné à la classe de première actuellement en cours de finition, une large place est faite aux trois conflits qui ont marqué le XIXe siècle et la première moitié du XXe (guerre de 1870, guerres mondiales), tant dans leurs dimensions internationales que dans leur impact sur chacun des deux pays, dans leurs mémoires spécifiques et dans la manière dont ils ont affecté les identités nationales et la perception du pays voisin.


Gestion de la mémoire et visions d’avenir

Le fait que ce projet ait pu émerger et se concrétiser entre la France et l’Allemagne, alors qu’il n’a jamais eu lieu entre d’autres pays voisins comme la France et l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas, signale non seulement une réconciliation franco-allemande d’autant plus exemplaire qu’elle a fait suite à plus d’un siècle d’hostilité héréditaire7, mais aussi l’étroitesse de la relation nouée à tous les niveaux entre les deux pays8, tout particulièrement ces dernières années (d’Airbus à Arte). Ces évolutions et réalités font d’ailleurs légitimement et logiquement l’objet des deux derniers chapitres du manuel de terminale (chapitre 16 : « Économie et société en France et en Allemagne depuis 1945 : de fortes convergences » ; et chapitre 17 : « Le partenariat franco-allemand : un succès exemplaire ? »). La conscience que le pays voisin est leur allié le plus proche et celui dans lequel ils ont le plus confiance, que le passé du pays voisin fait partie de leur propre passé9 est un fait avéré chez les Français comme chez les Allemands d’aujourd’hui, qui sont devenus de plus en plus attentifs aux imbrications de leurs histoires, aux multiples interférences qui les caractérisent comme aux lieux de mémoire conflictuels et consensuels qu’ils ont en commun10.

Que la réalisation d’un tel projet n’ait pas été sans difficultés, ne saurait surprendre. Ces difficultés cependant n’ont pas surgi principalement là où on aurait pu les attendre, c’est-à-dire sur des problèmes d’interprétation du passé et de ses conflits. Les avancées de la recherche internationale et les habitudes nées d’un long travail en commun des historiens des deux pays sont telles qu’il n’y a plus de contentieux sur des aspects du passé qui avaient longtemps paru inconciliables – qu’il s’agisse des causes de la Première Guerre mondiale ou de l’histoire de l’Alsace-Moselle disputée entre France et Allemagne de 1871 à 1945.

Deux sujets seulement ont mis en lumière des divergences profondes entre les conceptions de l’histoire : le rôle des États-Unis dans l’évolution de l’Europe et du monde après 1945, et la présentation et l’interprétation des expériences socialistes. Pour le premier sujet, si les équipes françaises souhaitaient une présentation différenciée du rôle des États-Unis prenant compte de leurs intérêts de puissance, les auteurs allemands penchaient pour une mise en valeur du rôle généreux des États-Unis dans la défense de la liberté en Europe et dans le monde. Pour le second, la partie allemande privilégiait pour les pages consacrées aux démocraties populaires et aux mouvements socialistes et communistes les dimensions monolithiques, tyranniques et répressives du bloc socialiste, tandis que les Français souhaitaient que le caractère d’« alternative un temps crédible » de l’utopie communiste soit mentionné et que les sociétés socialistes soient présentées dans leur autonomie relative. Au final, loin d’être niée, cette divergence a été assumée tout au long du chapitre le plus sensible (« L’Europe dans un monde bipolaire, 1949-1989 ») par la mise en valeur des différences de perception et de culture politique entre France et Allemagne, par le choix de documents appropriés, par la formulation de questions et de pistes de travail aidant à problématiser ces différences, ainsi que par l’adjonction en fin de chapitre d’une page « Regards croisés franco-allemands » qui synthétise les différences séparant les deux pays dans la perception du communisme et des relations avec les États-Unis.

Au-delà de ces divergences d’interprétation de l’histoire, ce sont les modalités de traitement de l’histoire qui sont apparues comme les réelles différences séparant l’Allemagne et la France, tant dans le rapport au passé (y compris dans ses enjeux politiques et émotionnels) que dans la place de l’histoire dans l’enseignement secondaire et les pratiques pédagogiques en usage11. C’est là avant tout que le comité de pilotage comme les équipes d’auteurs ont été confrontés aux défis les plus difficiles à relever et qu’ils ont dû ensemble imaginer des solutions nouvelles aidant à enrichir la pratique pédagogique d’un pays des originalités de l’autre. Alors que du côté français la prise en compte de l’espace joue un rôle déterminant dans l’étude du passé – d’où, par exemple, la place faite aux cartes –, du côté allemand, le rapport à l’espace reste inhabituel (en raison du rôle joué par la géopolitique pendant le IIIe Reich). À l’inverse, alors que la pédagogie historique allemande fait une large place aux débats historiographiques et aux enjeux d’interprétation, ces aspects sont largement absents de la pratique française. La dernière différence tient, ainsi, aux modes de présentation et à l’écriture de l’histoire : alors qu’en Allemagne l’histoire affirme haut et fort sa scientificité (on la définit comme une Geschichtswissenschaft), se réclame du modèle de l’histoire universitaire (d’où l’importance attachée à un style académique comme au travail sur les sources écrites) et a des ambitions éthico-politiques élevées à usage d’abord interne (une de ses finalités premières est toujours la confrontation critique avec le nazisme et le totalitarisme, ainsi que l’éducation à la démocratie libérale et parlementaire), l’histoire en France est plus proche de la littérature et du récit, attache plus d’importance aux images, aux représentations et aux réalités patrimoniales, et inscrit davantage qu’en Allemagne sa mission d’éducation civique dans un contexte universaliste. D’où par exemple la différence d’emblée perceptible, même à la suite de bonnes traductions, entre des textes écrits par des auteurs allemands qui privilégient les formulations abstraites, au style passif et au passé, et des textes rédigés par des auteurs français qui sont davantage au présent, dans une langue plus imagée et avec des tournures plus dynamiques12.


En forme de conclusion

Nombreux ont été les commentaires accompagnant le mûrissement de ce projet13. Universitaires, journalistes et historiens ont produit autant d’hommages que de critiques quant à la première constituée par ce manuel, sa mise en valeur et la nouveauté de ses apports. Le caractère à la fois pédagogique et politique (au sens civique du terme) du projet, ainsi que sa dimension non seulement franco-allemande mais aussi et surtout foncièrement européenne, ont été unanimement salués. A la différence de projets antérieurs comme l’Euromanuel (lancé en 1988 par treize historiens et didacticiens de treize pays différents) qui n’avaient connu qu’un succès d’estime, le manuel franco-allemand d’histoire présente l’avantage d’avoir été réalisé avec le soutien des institutions éducatives des pays partenaires, d’être conforme aux programmes en vigueur et de pouvoir être immédiatement utilisé comme un manuel classique. Plus prosaïquement, le manuel franco-allemand s’était déjà vendu dès la rentrée 2006 à plus de soixante mille exemplaires (avec un nombre non négligeable d’exemplaires français achetés en Allemagne et plus encore d’exemplaires allemands achetés en France). Il suscite d’ailleurs l’intérêt bien au-delà du continent européen : la Corée du Sud et le Japon ont suivi sa gestation avec attention.

Franco-allemand d’origine, ce manuel, on le voit, ne l’est pas dans son objet. Sa conception comme son contenu reposent sur l’expérience franco-allemande et sur les vertus du bilatéral14 au service d’un projet foncièrement européen, par-delà la prise en compte à égalité de l’histoire du pays voisin dans sa richesse, sa complexité et sa spécificité. En mettant en commun des héritages historiques et pédagogiques différents, il veut contribuer à l’émergence d’une vision du passé qui, tout en reconnaissant la spécificité des cultures nationales, les transcende et les assume dans une perspective transnationale au service d’un même projet d’avenir15.


Le manuel franco-allemand d’histoire - extrait
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extrait du Manuel d'histoire


Notes


(1) Defrance C. et Pfeil U. (2006), « Le Manuel franco-allemand d’histoire : l’aboutissement d’un long travail de coopération entre historiens français et allemands », Paris, Comité d’étude des relations franco-allemandes (IFRI), Document d’études, 11, décembre.

(2) Ministère de l’Éducation nationale (plus précisément, l’Inspection générale d’histoire et la Direction des relations internationales et de la coopération) du côté français, et Conférence permanente des ministres de l’Éducation et des Aaffaires culturelles des seize Länder (Kultusminister Konferenz) du côté allemand, ainsi que ministères des Affaires étrangères des deux pays.

(3) Monnet P. (2006), « Un manuel d’histoire franco-allemand », Revue historique, n° 639, p. 409-422.

(4) Prolongée dans Bloch M. (1928), « Pour une histoire comparée des sociétés européennes », Revue de synthèse historique, 46, p. 15-50.

(5) Espagne M. et Werner M. (1987), « La construction d’une référence culturelle allemande en France. Genèse et histoire », Annales ESC, p. 969-992 ; Werner M. et Zimmermann B. (dir.) (2004), De la comparaison à l’histoire croisée, Paris, Seuil.

(6) Le comité de pilotage comprend parmi ses membres le directeur du lycée franco-allemand de Sarrebruck. Parmi les auteurs du manuel, on relèvera par ailleurs que deux auteurs allemands enseignent à la fois l’histoire et le français, qu’un auteur français enseigne dans un lycée franco-allemand et qu’une autre a enseigné pendant plusieurs années au lycée français de Berlin.

(7) Jeismann M. (1992), Das Vaterland der Feinde. Studien zum nationalen Feindbegriff und Selbstverständnis in Deutschland und Frankreich 1792-1918, Stuttgart, Klett ; trad. fr. La Patrie de l’ennemi, trad. de l’all. par Dominique Lassaigne, Paris, CNRS éditions, 1997.

(8) Kaelble H. (1991), Nachbarn am Rhein. Entfremdung und Annäherung der französischen und deutschen Gesellschaft seit 1880, Munich, Beck, et (2007) Sozialgeschichte Europas. 1945 bis zur Gegenwart, Munich, Beck.

(9) Rosoux V. (2001), Les usages de la mémoire dans les relations internationales. Le recours au passé dans la politique étrangère de la France à l’égard de l’Allemagne et de l’Algérie de 1962 à nos jours, Bruxelles, Complexe ; Jeanneney J.-N. et Joutard P. (dir.) (2003), Du bon usage des grands hommes en Europe, Paris, Perrin.

(10) Möller H. et Morizet J. (dir.) (1995), Allemagne-France. Lieux et mémoire d’une histoire commune, Paris, Albin Michel ; trad. all., Deutsche und Franzosen. Orte der gemeinsamen Geschichte, Munich, Beck, 1996 ; François É. et Schulze H. (dir.) (2001), Deutsche Erinnerungsorte, Munich, Beck, 3 t., et (2007), Mémoires allemandes, Paris, Gallimard.

(11) François É. (1997), « Rapport à l’histoire », in Leenhart J. et Picht R. (dir.), Au jardin des malentendus. Le commerce franco-allemand des idées, Arles, Actes Sud, p. 17-24 ; François É., Siegrist H. et Vogel J. (dir.) (1995), Nation und Emotion. Deutschland und Frankreich im Vergleich, 19. und 20. Jahrhundert, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht ; voir également l’émission « Chacun son histoire ? » réalisée pour la chaîne Arte par Pierre-Olivier François et présentée le 18 janvier 2007.

(12) Delphis C. et Groux D. (2007), « Entretien avec Étienne François sur le premier manuel franco-allemand d’histoire », Raisons, comparaisons, éducation. Revue française d’éducation comparée, 1, février, p. 201-220.

(13) Voir Dokumente. Zeitschrift für den deutsch-französischen Dialog, n° 5, 2006, p. 53-102.

(14) En référence au dossier réuni sous la direction de Jean-Pierre Rioux sur « Apprendre l’histoire de l’Europe » dans le numéro 71 (juillet-septembre 2001) de Vingtième Siècle. Revue d’histoire, et plus spécialement à l’article sur ce thème : « Les vertus du bilatéral », p. 91-95.

(15) Pour plus de détails, voir l’article de François É. (2007), « Le manuel franco-allemand d’histoire : une entreprise inédite » publié dans la revue Vingtième Siècle, Revue d’histoire, n° 94, avril-juin, p. 73-86.

 

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