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Document de travail
Publié le
Mardi 19 Novembre 2019
Le calcul socioéconomique est utilisé depuis longtemps en France pour évaluer les projets d’infrastructures de transport. Depuis 2013, il est généralisé à l’ensemble des investissements publics civils d’un montant supérieur à 20 millions d’euros. Dans quelle mesure peut-on l’étendre aux politiques comptabilisées en dépenses de fonctionnement mais assimilables à un investissement « social » ?
L’évaluation socioéconomique de l’investissement social

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Comment mettre en œuvre des analyses coûts-bénéfices pour les politiques d’emploi, de santé et d’éducation

On entend par investissement social l’ensemble des mesures qui conduisent à accroître le capital humain de leurs bénéficiaires. Le concept peut être appliqué à des politiques très différentes, par exemple l’accueil des jeunes enfants, la réduction de la taille des classes, la lutte contre le décrochage scolaire, la garantie jeunes, l’accompagnement et la formation des demandeurs d’emploi ou l’accès à une couverture santé. L’application du calcul socioéconomique à l’investissement social, aujourd’hui très peu répandue, serait d’autant plus utile que ces politiques peuvent être rapidement reconfigurées, en fonction des résultats d’évaluation, ce qui n’est pas le cas pour un investissement public physique (une école, un hôpital, une route, une prison, etc.).

France Stratégie publie sur cette question un document de travail dont la conclusion principale est double.

  • Il n’y a pas d’obstacle structurel à appliquer les méthodes de calcul socioéconomique à l’investissement social : tout comme un projet d’infrastructure, un investissement social présente la caractéristique de générer des bénéfices sur un horizon éloigné — et pour certains non marchands — qu’il s’agit d’actualiser et de monétiser.
  • L’application du calcul socioéconomique aux investissements sociaux se heurte aujourd’hui à la difficulté d’estimer les effets bruts de ces politiques, avant même actualisation et monétisation. Souvent diffus et hétérogènes au sein des populations, ces effets sont aussi plus compliqués à anticiper que les impacts d’une nouvelle infrastructure de transport, par exemple.

Cette difficulté peut conduire à favoriser, lorsque cela est possible, les expérimentations randomisées et à généraliser le suivi de cohortes de populations bénéficiaires, afin d’améliorer la connaissance des effets dans la durée des politiques d’investissement social. Il est également souhaitable de mener des revues de littérature systématiques, afin de connaître les effets mesurés pour des politiques similaires, et de procéder à des méta-analyses qui permettent de calibrer les paramètres des simulations nécessaires à une évaluation socioéconomique.

Dès à présent, les politiques éducatives sont l’un des champs les plus investis et les plus riches en évaluations de qualité, tant en France qu’à l’étranger. Elles gagneraient à être complétées par des évaluations socioéconomiques, ce qui nécessite l’élaboration d’un guide méthodologique proposant en particulier des valeurs de monétisation de référence.

Auteurs

Arthur Heim
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Arthur
Heim
Anciens auteurs de France Stratégie
Denis Fougère
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