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Rapport
Publié le
Jeudi 10 Mars 2022
Les Métiers en 2030 dresse un panorama chiffré des perspectives des métiers à l’horizon 2030 qui intègre à la fois les grandes tendances observées par le passé et les évolutions attendues sur les plans démographiques, économiques, technologiques et environnementaux. Le rapport, coréalisé par France Stratégie et la Dares, vise à anticiper les évolutions et besoins par secteur et les déséquilibres potentiels entre offre et demande d’emploi, afin de guider les politiques publiques. Au regard des bouleversements économiques et sociaux induits par la crise sanitaire, le rapport éclaire leur impact à moyen terme sur la dynamique d’emploi des secteurs d’activité et des métiers. Il tient également compte des enjeux liés à la lutte contre le réchauffement climatique.
Date de publication: 
Mardi 22 Mars 2022
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Téléchargez le dossier de presse du rapport Métiers 2030. Quels métiers recruteront à l'horizon 2030 ?

La crise sanitaire puis économique survenue il y a deux ans a conduit à surseoir à la publication du rapport initialement prévue au printemps 2020. Il est en effet apparu nécessaire de prendre du recul sur cet événement inédit qui a eu des effets très contrastés sur les entreprises et les ménages et qui pourrait conduire à des transformations significatives dans le monde du travail, en accélérant notamment des tendances déjà à l'œuvre, à l’instar du télétravail. Parallèlement, les pressions sur le climat se font sentir de plus en plus fortement à travers le monde et pourraient accélérer significativement les efforts de décarbonation.

Afin d’assurer la cohérence d’ensemble des projections d’emploi par métiers, Les Métiers en 2030 s’appuie sur plusieurs scénarios macroéconomiques post-crise sanitaire (hors conflit russo-ukrainien) qui tiennent compte à la fois des changements de comportements induits par la crise sanitaire et des efforts supplémentaires de lutte contre le réchauffement climatique qui seront déployés à l’horizon 2030.

Le rapport présente à un niveau fin des métiers des perspectives à l’horizon 2030. Il éclaire en particulier sur la dynamique de l’emploi et des postes à pourvoir. La confrontation à une projection des jeunes entrants sur le marché du travail après leur formation initiale permet d’éclairer les perspectives en matière d’évolution des tensions de recrutement à politiques inchangées.

Les métiers en 2030 - Quels métiers créeraient le plus d'emplois ?, par France Stratégie

Les créations d'emplois

Dans le scénario de référence, 1 million d’emplois seraient créés entre 2019 et 2030, dont deux tiers dans les services marchands. Avec la poursuite de la tertiarisation de l’économie, la croissance de l’emploi dans les services serait équivalente à celle de l’emploi d’ici 2030. Le poids des services traduit la spécialisation hexagonale, d’une part dans les services aux entreprises, d’autre part dans les services d’utilité collective portés par la socialisation des dépenses d’éducation, de santé et d’action sociale. Les services généraux de l’administration continueraient de se replier. Il en va de même de l’emploi agricole qui poursuivrait sa décrue au même rythme que par le passé. En revanche, les métiers industriels se redresseraient, inversant la tendance baissière des années passées

Entre 2019 et 2030, seraient créés :

  • 410 000 postes de médecins, infirmiers, professions paramédicales, aides à domicile et aides-soignants
  • 180 000 postes dans les métiers de l’informatique et de la recherche
  • 135 000 postes d’ouvriers de la manutention
  • 120 000 postes dans les métiers du bâtiment (dont la moitié de cadres)
  • 45 000 postes dans les métiers industriels 
Les métiers qui créent le plus d'emplois
 

Quels métiers pour quel niveau de diplômes ?

Les métiers les plus dynamiques pour les diplômés du supérieur
 

Quels métiers recruteraient le plus ?

À ces créations nettes d’emplois s’ajoutent les départs en fin de carrière des dernières générations de baby-boomers, la somme des deux donnant les postes à pourvoir ou besoins de recrutement par métiers, soit au total près de 800 000 postes à pourvoir chaque année d’ici 2030 (près de 90 % provenant du remplacement des départs des seniors).

Parmi les quinze métiers comptant le plus de postes à pourvoir, trois catégories se distinguent : 

  1. La première catégorie comprend les métiers pour lesquels les postes à pourvoir correspondent essentiellement à des départs en fin de carrière : c’est le cas pour les agents d’entretien, les enseignants, les conducteurs de véhicules et des vendeurs ;
  2. La deuxième catégorie regroupe les métiers où les créations d’emploi contribueraient pour au moins un quart des postes à pourvoir : les cadres administratifs, comptables et financiers, les cadres commerciaux et technico-commerciaux, les aides-soignants et aides à domicile, les infirmiers, sages-femmes, les ouvriers qualifiés de la manutention, les médecins et les techniciens de la maintenance ;
  3. La troisième catégorie regroupe les ingénieurs de l’informatique et les ingénieurs et cadres techniques de l’industrie : ces métiers, relativement jeunes, conjugueraient un fort dynamisme de l’emploi et de faibles départs en fin de carrière, les postes nouvellement créés représentant au moins la moitié des postes à pourvoir.
les métiers qui recrutent
 

Les métiers en 2030 - Dans quels métiers anticipe-t-on des difficultés de recrutement ?, par France Stratégie

Déséquilibres potentiels et difficultés de recrutement

Pour chaque métier, on confronte les besoins de recrutement des employeurs en 2030 avec le vivier potentiel de jeunes qui y débuteraient afin de mettre en évidence des déséquilibres. Les déséquilibres anticipés en 2030 sont « partiels » et « potentiels ». « Partiels » parce qu’ils pourront être comblés (ou aggravés) par le retour en emploi de chômeurs ou les mobilités professionnelles entre métiers par exemple. « Potentiels » parce qu’il s’agit de projections dont l’objectif est précisément d’alerter sur la nécessité de prévenir ces déséquilibres.

Pour combler ces déséquilibres potentiels, il s’agira ainsi de renforcer l'attractivité de ces métiers pour les jeunes, mais aussi pour les professionnels déjà en emploi en facilitant les transitions professionnelles, de former des chômeurs ou de favoriser l’entrée sur le marché du travail des inactifs. Selon la dynamique et les modes d'alimentation des métiers, les déséquilibres potentiels identifiés ici invitent à diversifier les canaux de recrutement et à adapter les dispositifs d’accompagnement.

Les  déséquilibres potentiels des métiers qui recrutent le plus
 

Les difficultés de recrutement pourraient être renforcées ou atténuées

Pour un métier donné, l’indicateur de déséquilibre éclaire sur l’évolution que l’on peut attendre – toutes choses égales par ailleurs – des difficultés de recrutement rencontrées aujourd'hui par les employeurs. Si un métier est en tension aujourd’hui et qu’il ne présente pas de déséquilibre nouveau d’ici 2030, ses difficultés de recrutement devraient rester assez comparables à celles actuelles.

  • Des difficultés de recrutement qui s’accentueraient : la majorité des métiers en tension aujourd’hui continuerait de l’être ou verrait leurs difficultés de recrutement s’aggraver d’ici 2030 en raison d’une faible attractivité. C’est le cas des aides à domicile, des personnels de ménage ou des conducteurs d'engins du bâtiment et des travaux publics.
  • Des difficultés de recrutement à anticiper : quelques professions ne rencontrent pas de difficultés pour recruter aujourd’hui mais pourraient y être confrontées à l’avenir. C’est le cas des ouvriers qualifiés de la manutention, des agents d’entretien ou des ouvriers du textile et du cuir dont la résorption des déséquilibres passera par la capacité à attirer les chômeurs et les salariés exerçant un autre métier, les inactifs ou les immigrés.
  • Des difficultés de recrutement qui se maintiendraient : près de deux métiers sur cinq sont concernés. Pour une large part, l'exercice de ces métiers nécessite des compétences techniques spécifiques qui s'acquièrent par le biais d’une formation professionnelle initiale ou continue. On retrouve par exemple les aides-soignants, les ouvriers qualifiés travaillant par formage de métal, les techniciens et cadres du bâtiment et des travaux publics, les ingénieurs de l'informatique et les ingénieurs et cadres de l’industrie.
  • Des difficultés de recrutement qui s’atténueraient : les tensions actuelles pour les employés et agents de maîtrise de l’hôtellerie-restauration, les coiffeurs et esthéticiens, les techniciens de la banque et des assurances et les employés de la comptabilité pourraient se réduire d’ici 2030.

Quatre catégories de métiers

Les difficultés de recrutement potentielles sont d’abord liées à la forte croissance de la demande de main d’œuvre : agents d’entretien, aides à domicile, conducteurs de véhicule… En définitive, la confrontation des besoins et des ressources en main-d’œuvre dessine une typologie des métiers en fonction de leurs modes d’alimentation et de leur dynamisme démographique et économique. Les experts les ont répartis en quatre catégories.

  1. « Les métiers attractifs » - Ils sont jeunes (peu de départs en retraite en vue), dynamiques en termes de créations d’emplois, et ils continuent de séduire les nouveaux diplômés. Les candidats au recrutement seraient donc assez (voire trop) nombreux. On retrouve dans cette catégorie : les professionnels du droit, les professions paramédicales, ou encore les personnels d’études et de recherche ;
  2. « Les métiers de première expérience » - Également attractifs et plutôt jeunes, ces métiers constituent des tremplins vers d’autres professions (vendeurs) ou un poste de niveau supérieur (ouvriers peu qualifiés de la manutention). La majorité de ces métiers devrait avoir un vivier de recrutement suffisant pour pourvoir les postes inoccupés. Certains seraient même en excès de main d'œuvre, soit parce que les jeunes débutants y sont particulièrement nombreux (professionnels de l’action sociale, culturelle et sportive), soit parce que le métier est peu dynamique (employés administratifs d’entreprise) ;
  3. « Les métiers de seconde partie de carrière » cumuleraient, quant à eux, départs en fin de carrière nombreux et faible arrivée de débutants. Ils ont par le passé attiré de nombreux professionnels venant d’autres métiers parce qu’ils requièrent de l’expérience. Ceux qui créent de l’emploi pourraient manquer de main d'œuvre, aggravant les tensions actuelles sur le recrutement dans les professions du care (aide à domicile), de l’entretien (agent d’entretien), du transport (conducteur de véhicule, manutentionnaire), du bâtiment (ouvriers du second œuvre) ou chez les cadres commerciaux, administratifs et financiers. Ceux dont l’emploi ne progresse pas, ne devraient pas être en déficit de main d'œuvre (secrétaires de direction, cadres de la banque et des assurances) ;
  4. « Les métiers qui ont du mal à attirer » pour lesquels l’arrivée de jeunes entrants ne compenserait pas les départs en fin de carrière d’où des difficultés de recrutement quasi certaines. Au premier rang desquels : les employés de maison (personnels de ménage), les agriculteurs, les secrétaires, les ouvriers du textile et du cuir et les ouvriers qualifiés du gros œuvre du bâtiment.

Les métiers en 2030 - Quel serait l'impact sur l'emploi d'un scénario bas carbone ?, par France Stratégie

Le scénario bas carbone

Par rapport au scénario de référence, le scénario bas carbone se caractériserait principalement par un surcroît annuel d’investissement de l’ordre d’un point de PIB. Ce scénario conduirait à la création de 200 000 emplois supplémentaires sur la période 2019-2030.

  • 120 000 emplois supplémentaires dans la construction ;
  • 15 000 emplois supplémentaires dans la recherche et le développement ;
  • 45 000 emplois supplémentaires dans les activités juridiques et de conseil ; 
  • 15 000 emplois supplémentaires dans l’agriculture.
Les effets d'un scénario bas carbone
 

En conclusion

Le rapport Les Métiers en 2030 illustre à un niveau très détaillé l’importance des politiques publiques relatives notamment à la formation initiale ou continue ou à l’accompagnement des chômeurs, pour orienter la main-d'œuvre vers les métiers de demain. La présente publication sera complétée en 2022 par plusieurs enrichissements. Les besoins en compétences à l’horizon 2030 seront évalués sur la base des projections par métiers présentées dans ce rapport, en distinguant les compétences techniques et les compétences transversales telles qu’elles ont été cartographiées par France Stratégie et Pôle Emploi en 2021. Une déclinaison régionale des déséquilibres nationaux sera également réalisée pour chaque métier.

 

Les opinions exprimées dans ce rapport engagent leurs auteurs
et n'ont pas vocation à refléter la position du gouvernement

En partenariat avec

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Auteurs

Cécile Jolly
Cécile
Jolly
Travail, emploi, compétences
Jean Flamand
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Jean
Flamand
Travail, emploi, compétences
Boris Le Hir
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Boris
Le Hir
Economie
Martin Rey
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Martin
Rey
Anciens auteurs de France Stratégie
Alexis Eidelman (Dares)
Camille Cousin (Dares)
Aurore Desjonqueres (Dares)
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