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Publié le
Jeudi 27 Décembre 2018
[Avis du HCAAM] Lors de sa séance plénière du 22 novembre 2018, le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie a adopté à l’unanimité l’avis relatif à « Système de santé et personnes âgées fragiles ou en perte d’autonomie à l’horizon 2030 ».
Système de santé et personnes âgées fragiles ou en perte d’autonomie à l’horizon 2030

Télécharger l'avis "Système de santé et personnes âgées fragiles ou en perte d’autonomie à l’horizon 2030"

Dans sa Contribution à la Stratégie de transformation de notre système de santé, le HCAAM appelle à partir des services à rendre à la population et non de l’offre disponible. Ceci est d’autant plus important pour les personnes âgées fragiles [1] ou en perte d’autonomie que leur accompagnement nécessite de s’écarter de l’organisation historique de l’offre sanitaire conçue autour d’interventions ponctuelles destinées à résoudre un problème aigu [2].

En effet, la prévention joue un rôle essentiel dans la préservation de l’autonomie. En outre, les personnes âgées fragiles ou en perte d’autonomie souffrent de multiples problèmes pour lesquels l’horizon n’est souvent pas la guérison mais la remédiation, la stabilisation voire une moindre dégradation, qui nécessitent des soins et services coordonnant l’intervention d’un ensemble d’acteurs dans la durée. Vulnérables, ces personnes sont particulièrement sensibles aux dysfonctionnements actuels de notre système.

Faute de réponse de proximité organisée, elles se tournent, souvent par défaut, vers les acteurs aujourd’hui les plus structurés, établissements de santé et médicosociaux, avec les mêmes inefficiences dans les champs sanitaire et médico-social. Pour répondre à leurs besoins, à la frontière de ces champs, le HCAAM appelle à un décloisonnement et à une simplification, pour mettre fin à l’éparpillement actuel des interlocuteurs et des moyens.

Pour permettre aux Français de rester, comme ils le souhaitent dans leur grande majorité, à domicile, la priorité doit être donnée à une réponse de proximité renforcée et structurée, accessible partout sur le territoire et quelles que soient les ressources des personnes concernées.


[1] La fragilité est définie comme une réduction multi systémique des réserves fonctionnelles limitant la capacité de l’organisme à répondre à un stress, même mineur. La littérature épidémiologique montre que la fragilité, associée à la survenue d’évènements indésirables de santé (hospitalisation, chutes, etc.), est un important facteur de risque de perte d’autonomie. Les personnes âgées fragiles constituent à ce titre une cible prioritaire des actions de prévention.
[2] A. Gawande, Being Mortal, 2014

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