Publié le jeudi 13 avril 2017
Réseau Emplois Compétences
Réseau Emplois Compétences
Le Réseau Emplois Compétences, animé par France Stratégie, publie son rapport sur les compétences transférables et transversales : comment les repérer, les reconnaître et les valoriser ?

Fruit de la concertation entre l’État et les partenaires sociaux, le Réseau Emplois Compétences a été mis en place en 2015. Ses membres, observatoires de branches, observatoires régionaux et acteurs de l’observation et de la prospective sur les emplois et les compétences, ont choisi de travailler sur le repérage, la reconnaissance et la valorisation des compétences transférables et transversales, un sujet éminemment d’actualité.

Les réformes du marché du travail introduites par la loi sur la formation professionnelle du 5 mars 2014 puis la loi Travail du 8 août 2016 ont introduit de nouveaux droits individualisés pour l’ensemble des actifs. Le compte personnel d’activité (CPA), le compte personnel de formation (CPF) et le conseil en évolution professionnelle (CEP) représentent de formidables opportunités de sécuriser les parcours professionnels individuels, qui supposent en regard un effort d’information et de pédagogie pour s’assurer que tous les actifs, en particulier les plus fragiles, s’approprieront ces outils. 

Le compte personnel de formation (CPF), désormais attaché à chaque individu tout au long de sa vie professionnelle, donne accès à des formations qualifiantes qui permettent d’acquérir des compétences répondant aux besoins des employeurs et en phase avec les secteurs d’activité les plus porteurs. Le compte personnel d’activité, mis en place en janvier 2017, permet à chaque individu de formaliser son profil professionnel, en déclarant ses compétences, afin d’accéder à la galaxie des métiers qu’il peut envisager, c’est-à-dire des métiers où il pourrait transférer et exercer les compétences qu’il détient.

Les compétences transférables ou transversales tendent de plus en plus à « concourir » sur le marché du travail comme critères de recrutement importants, aux côtés du diplôme et de l’expérience professionnelle. La capacité à repérer ces compétences, à les formaliser et les valoriser, est donc un levier important d’amélioration de l’appariement entre offre et demande de travail. Leur prise en compte permet de diversifier le potentiel des offres d’emploi auxquelles les candidats peuvent légitimement postuler et donne aux entreprises la possibilité d’élargir les profils des candidats pour une offre, en particulier pour répondre à des difficultés de recrutement. Raisonner avec une logique de « portefeuille » de compétences, et non plus exclusivement avec l’entrée « métier » ou « diplôme », doit permettre à tout individu de développer sa capacité à s’orienter et à construire son parcours professionnel.

Pourtant, et c’est un paradoxe, il n’est pas simple de s’entendre aujourd’hui sur la définition des concepts utilisés.  Ces nouvelles approches soulèvent nombre de questions légitimes pour les acteurs : comment l’individu, le recruteur en entreprise, le formateur, le conseiller en insertion professionnelle… repèrent-ils et formalisent-ils les compétences transférables et transversales pour mieux sécuriser les parcours individuels ? Comment les valorisent-ils ? Quels sont les outils que l’on peut mobiliser pour y parvenir ?

Les membres du groupe de travail du Réseau Emplois Compétences ont apporté des réponses à ces questions en partant des expériences concrètes de chacun.

La première partie du document est consacrée aux définitions et aux outils de description des compétences transférables et transversales : elle identifie la grande variété des référentiels existants, et l’absence de langage partagé entre les acteurs de la formation initiale, de la formation continue et de l’emploi. La deuxième partie présente des outils et des démarches destinés à aider les individus et les entreprises à repérer et formaliser les compétences transférables et transversales. Il y est souligné la nécessité de renforcer l’accompagnement des individus et des entreprises dans ce repérage et cette formalisation. La question de la certification des compétences fait l’objet de la dernière partie du document. Cette partie illustre les rapprochements entre différentes certifications destinées à favoriser les mobilités, et ouvre la voie à de nouvelles opportunités de rapprochement entre formation initiale et formation continue.