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Quels sont les principaux messages du rapport "Sortie de crise : vers l’émergence de nouveaux modèles de croissance ?" qui vient d’être remis par Daniel Cohen à Nathalie Kosciusko-Morizet ?
1 - Trois crises en une. On ne peut réduire la crise à sa dernière manifestation, celle du surendettement des ménages américains. La crise est multiple car elle concentre les conséquences de trois crises : - celle de 2000 qui interroge la rémunération des facteurs et la soutenabilité de l’innovation ; - la crise des matières premières et de l’environnement ; - la crise de surendettement des ménages / faillites bancaires surtout aux États-Unis. Si on élargit la crise à ses deux premiers volets (innovation, ressources rares), se pose la question d’une inflexion durable ou d’une reprise du rythme de croissance potentielle.
2 - La crise peut paradoxalement freiner le phénomène de destruction créatrice mais elle diffère plus qu’elle n’interrompt la vague d’innovations. La crise actuelle n’a pas été précédée d’une période d’euphorie comme c’est le cas dans les scénarios de forte innovation. Contrairement aux idées reçues, les crises peuvent figer les modèles de production : - importance des coûts fixes d’un changement de modèle productif ; - mortalité des nouveaux entrants. Si la R&D exerce traditionnellement un rôle stabilisateur sur l’activité, le resserrement du crédit risque, dans le contexte actuel, de faire reculer les dépenses d’innovation, de favoriser les entreprises établies au détriment des nouveaux entrants et d’entraver in fine le redéploiement vers les nouveaux secteurs (d’où l’importance du Crédit d’Impôt Recherche et du soutien au financement des PME). Néanmoins, l’idée d’un ralentissement durable de la croissance par essoufflement technologique ne parait pas recevable. Certains domaines issus de l’hybridation des champs scientifiques (nanotechnologie, biotechnologie, informatique, sciences cognitives) sont très riches de promesses, tandis que leurs applications servicielles se développent (environnement, santé, éducation...).
3 - Les nouvelles interfaces industrie-services constituent un gisement potentiel de croissance. Le renouvellement des moteurs de croissance pourrait dès lors résider dans une nouvelle articulation entre les services et les biens répondant à la satisfaction d’un besoin fonctionnel plus vaste que le produit lui-même. La valeur ne réside plus dans la production matérielle mais dans la capacité à répondre à un besoin. La protection des données et l’équilibre concurrentiel doivent rester une préoccupation des pouvoirs publics.
Suite de l'édito
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