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Publié le
Mercredi 05 Octobre 2016
C’était une des onze mesures pour la jeunesse promises par le gouvernement au printemps dernier. La concertation en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes s’est ouverte le 27 septembre en présence de la ministre du Travail. Un « exercice exigeant » que France Stratégie aura la charge, avec la DARES, de piloter jusqu’à sa conclusion en décembre.
L'insertion professionnelle des jeunes

Au printemps dernier, après des échanges nourris avec les organisations de jeunesse, le gouvernement s’est engagé à réduire la précarité de l’emploi des jeunes et à renforcer leurs droits. Dispositif phare du train de mesures annoncé, l’ARPE, l’aide à la recherche d’un premier emploi, bénéficie déjà à 15000 jeunes diplômés sans ressources financières. Mais le plan comprend dix autres mesures dont le lancement d’une concertation en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, associant partenaires sociaux et organisations de jeunesse.

« Un exercice exigeant »

C’est sur une citation du message à la jeunesse de Pierre Mendes-France que la ministre du Travail a ouvert la séance de lancement de la concertation. Un exercice de dialogue avec la jeunesse « exigeant » a-t-elle souligné, et « vital » au regard du sentiment de déclassement générationnel des jeunes qui menace potentiellement la cohésion sociale.

Concrètement, plusieurs étapes se dessinent après cette plénière de mise en route. Étape 1 une « phase d’état des lieux » pour laquelle les représentants des huit organisations patronales et syndicales ainsi que de quatre organisations de jeunesse (UNEF, FAGE, JOC, MRJC) prévoient de se réunir lors de six séances de travail thématiques devant déboucher en décembre sur un rapport rendant compte de leur diagnostic partagé. Étape 2, la préparation sur cette base d’un document d’orientation en vue de l’ouverture possible d’une négociation interprofessionnelle sur l’insertion des jeunes dans l’emploi.

Dans ce processus, France Stratégie a pour mission, conjointement avec la DARES, d’apporter aux parties prenantes son expertise et son soutien méthodologique. Il s’agira notamment, de préparer des éléments de synthèse relatifs aux constats, au diagnostic et à l’évaluation des dispositifs publics d’aide à l’insertion des jeunes, pour alimenter les discussions en séance. Elle sera également chargée de rédiger le pré-rapport dont la discussion sera l’objet de la séance conclusive début décembre.

Axes de travail

Largement mobilisés sur cet exercice, les experts de France Stratégie ne partent pas de rien. Travaux sur l’apprentissage et les transitions professionnelles, analyses des obstacles à l’insertion économique des jeunes issus de l’immigration, rapport sur le compte personnel d’activité, proposition pour un fonds européen dédié à l’emploi des jeunes ou encore débat sur les inégalités intergénérationnelles autour de la note d’enjeu 2017/2027, la matière ne manque pas pour abonder les séances. Reste à la restituer de manière à donner aux parties prenantes suffisamment de grain à moudre pour qu’elles parviennent à la formulation d’un diagnostic partagé d’une part et à celle de thématiques pour alimenter l’éventuelle négociation interprofessionnelle d’autre part. Quels dispositifs paritaires peuvent être mobilisés pour répondre aux difficultés des jeunes face à leur premier emploi ? Voilà la question à laquelle in fine le groupe de travail doit pouvoir répondre.

Dans cette perspective, la feuille de route donnée par la ministre du Travail indique quatre axes de travail : le rôle des missions locales, la question des discriminations liées à l’origine, celle des « freins périphériques » à l’emploi – logement, santé, transport…– et celle des passerelles à bâtir entre formation initiale, alternance, insertion et formation continue. Une feuille de route qui devra aussi comprendre le bilan des accords nationaux interprofessionnels sur les jeunes de 2011 et une évaluation des dispositifs existants (apprentissage, emplois d’avenir, Garantie Jeunes, …).

Bilan de cette séance de lancement : un accord de toutes les parties prenantes pour s’engager dans l’exercice sur la base de la feuille de route proposée. Et des questions subsidiaires : de l’universalité (ou du ciblage) des dispositifs à la gouvernance du CPA, en passant par le bilan des Assises de l’apprentissage, l’organisation du travail ou encore la valorisation des filières professionnelles.

Une première séance qui promet un débat riche pour un exercice de concertation qui se veut précisément « exigeant ».

 

Céline Mareuge